Community Development

« Sauver la nature au cœur de la mission de Keniago »

Perdu dans la forêt verdoyante, à quelques heures de route de Kumasi (la capitale de la région ashanti, Ghana), se trouve le village de Keniago. Ce village depuis 1999 abrite la paroisse Saint Pierre, laquelle paroisse est tenue par la SMA. Ce sont les Peres Biro et Francis qui ont la charge de cette modeste mission stratégique de la SMA. Ils ont succédé à deux infatigables et talentueux missionnaires qui ont fait un travail remarquable, en occurrence nous pouvons nommer feu père Vincent et le père Dénis, tous deux originaires de la province d’Irlande.

Keniago jadis terre promise, village bénit, est en train de connaitre la déforestation et voit ses terres s’appauvrir au détriment de l’exploitation illégale de l’or. En effet, aux dire des anciens, des personnes venaient de loin pour s’y installer et jouir des immenses bontés du Seigneur à travers sa nature généreuse. Car, autrefois, ce village pouvait se vanter de ses forêts qui regorgeaient d’animaux sauvages, de ses terres fertiles, favorables aux cultures de cacao et autres et de son sous-sol riche en or. Aujourd’hui Keniago est en train de perdre toutes ses privilèges et ce don de la nature offerte gratuitement par Dieu. Le constat est qu’on assiste à une mauvaise exploitation du sous-sol. De fait, l’exploitation anarchique du sous-sol est à la base de la déforestation et de la disparition du fauve. Aussi, voudrons-nous noter que la quête aveugle de l’or, a causé d’énormes dégâts des terres cultivables et est à la base de la pollution des eaux, etc.

Notre mission à Keniago, est non seulement d’annoncer le Christ et être plus proche des plus abandonnés et désœuvrés, mais aussi d’interpeler la population sur ce fait inquiétant. Ainsi, nous prenons le temps parfois dans certaines occasions d’inviter ou sensibiliser les uns et les autres à l’importance de la nature. Car, une nature saine est un atout favorable pour la croissance et l’épanouissement de l’homme.

Aujourd’hui, Keniago ne dispose de presque plus de foret, les plantations de cacao et les champs de vivriers se font plus en plus rares parce que les terres sont exploitées pour la recherche de l’or. Ceux qui ne peuvent pas se lancer dans la quête de l’or se voient spolier leurs terres et ceux qui sont dans cette pratique de recherche d’or, le font pour la plus part de façon illégale et causent du tort à la nature. Malgré les investigations de l’Etat ghanéen, la situation demeure toujours précaire. Ce faisant, notre foi ne défaille pas, car nous avons espoir que le changement arrivera, même si pour l’heure les terres sont détruites, les routes défaillantes et les rivières polluées.

En effet, c’est dans le but de régulariser cette triste situation qui perdure que nous proposons cet article. Car, nous pensons que les bulldozers ont trop posé d’acte néfaste dans cette zone et cela a travers cette activité illégale communément appelé « Galamsay ».

Nous disons sans ambages que  «Galamsay » n’est pas un métier d’avenir pour notre jeunesse. Cette pratique est un danger public pour la jeunesse elle-même et pour la génération prochaine. Il faut donc l’éradiquer avant que keniago et sa zone tombent dans la ruine totale et perdent toute sa végétation.

Notre petite enquête auprès de certains jeunes engagés dans cette pratique, nous a permis de comprendre que beaucoup se sont lancés dans cette activité illégale et dévastateur de la nature parce qu’ils manquent de travail. Certains sont conscients de l’impact de cette activité sur la nature, mais n’ayant pas d’autres recours, d’autres sources de revenu, ils ne peuvent arrêter.

Un jour, un des jeunes nous a livré ses impressions en ces mots : Mon père, nous avons été  abandonnés à nous-mêmes, nous n’avons pas de travail, nous n’avons autres choses à faire que d’exploiter la nature. Si vous me dites de quitter ce travail, je deviendrai un bandit. Aussi ajoute-t-il : nous sommes tous conscient des dangers, mais nous ne pouvons que le faire pour gagner notre pain quotidien.

De tel raisonnement, justifie bien cette activité notoire. Cependant, devant le danger que courent la jeunesse, la disparition accrue de la forêt, la dégradation des terres etc. nous ne pouvons rester indifférents. La tâche n’est certes pas facile mais, on ne se lasse pas. Nous saisissons toutes les occasions pour sensibiliser. Parfois, devant certains incidents de travail, nous nous portons volontiers (selon notre disponibilité) à transporter les accidentés à l’hôpital. Couchés sur le lit de l’hôpital, dans la douleur, ils jurent par tous les dieux de ne plus reprendre ce travail, mais après guérison, ils retournent à cette pratique.

Nous pensons que le défi sera relevé si du travail est mi a la disposition de cette jeunesse désœuvrée et si nous éduquons les enfants à l’importance d’une nature saine. C’est d’ailleurs, ce que nous tentons d’inculquer aux enfants de notre école privée « Divine Mercy ». Nous tentons de leur transmettre les valeurs morales et leur faisons connaitre l’importance de la nature. C’est pour nous, une manière d’apporter notre pierre à l’édifice afin de sauver la population de ce grand danger qui risque de devenir catastrophique si on y prend garde. Car, la disparition de la foret et la dégradation des terres sont gage d’une famine certaine dans le future.

BIRO-MOEBA T. Junior, SMA.